Un Voyage au Japon (extrait)

Les Notes sont des séries dans lesquelles je raconte des histoires. Les miennes, les vôtres, celles des autres.
Note I
En 2018 je décide de partir au Japon. J’ai envie de partir seule, loin, de bousculer mon quotidien. J’achète mon billet pour le Japon sur un coup de tête. La réservation confirmée, l’effet est immédiat : je suis folle de partir comme ça ? Voilà le questionnement de chacune de mes nuits précédant mon départ. J’ai peur. Pourtant dans la journée, l’idée de ce voyage me met en joie.


07 novembre : dans l’avion qui m’emmène à Tokyo je sens de suite en moi ces deux états contradictoires : la peur et la joie se mélangent. Je commence alors à écrire et à prendre des photos. Une volonté certaine de m’observer, de témoigner, peut-être même d’en découdre avec moi-même.
Ces notes racontent l’histoire d’une femme seule au Japon, qui décrit ce qu’intimement ce voyage va changer en elle.

Tokyo, le 06 novembre 2018
Elle regardait souvent l’heure qu’il était en
France. Comme ça. Peut-être pour se sentir
quelque part chez elle.

Elle voulait écrire quelque chose sur le Japon,
quelque chose de doux et de régulier comme
les fleurs des jardins.

Elle avait allumé un cierge dans le temple
de Koyasan… Elle avait prié le matin tôt
avec les moines… Elle pensait que peut-être
les choses pourraient s’arranger.

Parfois elle pensait qu’elle rêvait.

Lundi 19 novembre 2018
Dans le train quittant Nara,
elle lisait le livre d’Haruki Murakami…
Il parlait d’écrire franchement sur soi-même.
C’est ce qu’elle faisait.

Takamatsu, le 19 novembre 2018
Elle voyait ici des montagnes rondes
comme elle les dessinait lorsqu’elle
était petite.

Dans le train qui l’amenait à Kanazawa, elle
avait écrit dans son carnet ce qu’elle devait
faire en rentrant. Devenir ce qu’elle voulait
être, malgré tout.
Elle savait ce qu’elle devait faire.

Elle avait l’impression d’être là depuis
une éternité.

Elle avait fait ce voyage seule. Elle se sentait
différente des gens qui voyageaient à plusieurs.
Comme faite d’une autre matière. Une matière
qui l’enroberait. Du liège peut-être.

Tokyo, le 27 novembre 2018
Le matin il y avait eu une secousse. Légère.
Quelques mouvements de gauche à droite,
trois ou quatre fois. Elle était dans la salle
de bain de sa chambre d’hôtel au septième
étage. Elle avait cessé de bouger, cessé de
respirer, comme on s’arrête lorsqu’on se
cache. Un réflexe. Peut-être pensait-elle
que c’était la solution pour ne pas que
la secousse la trouve.

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